Le bien-être mental au travail progresse en France, mais reste fragile : c’est la conclusion d’une grande enquête menée par l’institut Ifop pour Moka.Care, le Boston Consulting Group (BCG) et le GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, publiée au premier semestre 2026. Le score moyen de bien-être mental des salariés, mesuré selon l’indice WHO-5 de l’Organisation mondiale de la santé, atteint désormais 62,8 sur 100, en hausse de trois points sur un an. Une embellie réelle, mais qui masque des situations très contrastées selon l’âge, le genre et la fonction occupée.
Une amélioration mesurable, mais inégale
Selon cette enquête, 74 % des salariés se situent aujourd’hui en situation de bien-être mental, soit quatre points de plus qu’un an auparavant. Les troubles du sommeil, longtemps en tête des plaintes, reculent également : ils concernent 48 % des salariés interrogés, contre 55 % l’année précédente. Autre signal positif, la fatigue chronique et le stress chronique, bien que toujours présents, montrent une légère décrue par rapport aux enquêtes antérieures.
Mais ces progrès globaux ne doivent pas masquer une réalité plus dure pour une partie des effectifs : environ un salarié sur quatre reste en situation de mal-être selon l’indicateur WHO-5, et près de sept salariés sur dix déclarent avoir déjà ressenti au moins un trouble lié directement à leur activité professionnelle, qu’il s’agisse de fatigue chronique, de difficultés de concentration ou de stress persistant.
Des populations structurellement plus exposées
L’étude pointe des écarts marqués selon les profils. Les femmes déclarent deux fois plus de stress chronique que les hommes (38 % contre 25 %) et 73 % d’entre elles rapportent avoir vécu un trouble lié au travail. Les jeunes salariés de 18 à 24 ans apparaissent comme la population la plus vulnérable : 46 % disent vivre en stress chronique et 55 % rencontrent des difficultés de concentration. Les cadres, eux, sont davantage exposés aux risques psychosociaux malgré une meilleure santé mentale globale affichée à 81 %, en raison d’une tension professionnelle plus élevée.
- Score de bien-être mental moyen : 62,8/100 (+3 points en un an)
- Salariés en situation de bien-être : 74 % (+4 points)
- Troubles du sommeil : 48 % (contre 55 % un an plus tôt)
- Femmes en stress chronique : 38 %, contre 25 % chez les hommes
- Jeunes de 18-24 ans en stress chronique : 46 %
Le retour des tabous, principal point noir
Le paradoxe de cette édition 2026 tient dans son titre même : malgré des indicateurs en amélioration, les chercheurs constatent un retour des tabous autour de la santé mentale en entreprise. Parler ouvertement d’un épisode de burn-out, d’un arrêt pour raisons psychologiques ou d’un simple passage à vide reste difficile pour une large partie des salariés, qui redoutent d’être jugés ou pénalisés dans leur évolution professionnelle. Concernant le burn-out spécifiquement, 24 % des salariés déclarent en avoir déjà vécu un ; parmi eux, 62 % ont consulté un médecin, mais 26 % des cas diagnostiqués n’ont donné lieu à aucun arrêt de travail, un phénomène de présentéisme qui inquiète les auteurs de l’étude.
Sur le plan économique, les conséquences sont tangibles pour les entreprises : 41 % des salariés concernés déclarent avoir travaillé moins efficacement lors d’un épisode de mal-être, 37 % ont pris un arrêt maladie et 27 % un congé non planifié. Un contexte plus large, marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques, est également cité par 70 % des répondants comme un facteur pesant sur leur équilibre mental.
Ce que cela change pour les entreprises et les salariés
Cette enquête, croisant un regard médical (GHU Paris Psychiatrie), un regard stratégique (BCG) et un regard opérationnel (Moka.Care), invite les employeurs à sortir d’une approche uniquement réactive de la santé mentale. Les dispositifs de prévention personnalisée, la formation des managers à repérer les signaux faibles et la libération de la parole en interne apparaissent comme les leviers les plus cités pour transformer une amélioration statistique en mieux-être durable. Pour les salariés, mieux connaître ces chiffres permet aussi de relativiser une difficulté individuelle : elle est, dans bien des cas, largement partagée.
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Questions fréquentes
Comment est calculé le score de bien-être mental de 62,8/100 ?
Ce score s’appuie sur l’indice WHO-5, un questionnaire validé par l’Organisation mondiale de la santé qui mesure le bien-être psychologique subjectif à partir de cinq critères simples (humeur, énergie, qualité de vie perçue, entre autres), avec un résultat exprimé sur 100.
Pourquoi parle-t-on d’un « retour des tabous » alors que les chiffres s’améliorent ?
Parce que l’amélioration des indicateurs statistiques ne s’accompagne pas d’une libération de la parole équivalente : de nombreux salariés continuent de taire leurs difficultés psychologiques par crainte d’un jugement professionnel, ce qui alimente notamment le présentéisme lors des épisodes de burn-out.
Quelles populations sont les plus exposées au mal-être au travail ?
Les femmes, les cadres et les salariés de 18 à 24 ans figurent parmi les populations les plus exposées aux risques psychosociaux, chacun pour des raisons différentes : charge mentale, exposition à la tension professionnelle ou instabilité du début de carrière.
Sources
Boston Consulting Group —
FranceSST —
Moka.Care
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale