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Microplastiques dans les cosmetiques : ce qui change vraiment depuis 2026

Bien-être - BeautéMicroplastiques dans les cosmetiques : ce qui change vraiment depuis 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la France interdit la mise sur le marché des cosmétiques rincés contenant des microplastiques ajoutés intentionnellement. Une échéance qui passe presque inaperçue dans les salles de bains, alors qu’elle rebat les cartes de toute une industrie et change déjà la composition de nombreux produits du quotidien.

Une accélération française sur un calendrier européen

Le règlement européen REACH (UE) 2023/2055, adopté par la Commission européenne le 25 septembre 2023, encadre depuis la restriction progressive des microplastiques dans une large gamme de produits : cosmétiques, détergents, engrais, ou encore matériaux de terrains de sport synthétiques. Les échéances varient fortement selon les catégories, allant de 4 à 12 ans après l’entrée en vigueur du texte.

La France a choisi d’aller plus vite. Grâce à l’article 82 de la loi AGEC, l’Hexagone a avancé de plusieurs années l’interdiction pour les cosmétiques rincés — shampoings, gels douche, démaquillants — dès lors que la concentration de microplastiques ajoutés dépasse 0,01 % en masse. Objectif affiché : protéger plus rapidement les écosystèmes aquatiques, avant même l’échéance européenne prévue en 2027 pour ces mêmes catégories.

Ce qui change concrètement pour les consommateurs

Dans les rayons, plusieurs familles de produits sont directement concernées :

  • Les paillettes libres utilisées dans certains cosmétiques festifs, interdites d'emblée.
  • Les microbilles exfoliantes présentes dans les gommages et nettoyants pour le visage.
  • Les shampoings, gels douche et démaquillants rincés contenant des polymères synthétiques ajoutés pour la texture.

Les produits de maquillage non rincés — rouges à lèvres, vernis à ongles, fonds de teint — ne sont pas concernés par le calendrier français accéléré : ils resteront soumis au calendrier européen, avec des transitions pouvant s’étendre jusqu’en 2035 pour certaines formulations, le temps que les industriels trouvent des alternatives techniquement viables.

Un coût industriel loin d’être anodin

La Commission européenne estime que cette restriction permettra d’éviter le rejet d’environ 500 000 tonnes de microplastiques dans l’environnement sur la durée du dispositif. Un bénéfice écologique significatif, mais qui a un prix : le coût de reformulation pour les industriels est évalué à près de 19 milliards d’euros à l’échelle européenne, un montant qui explique en partie l’étalement des échéances selon les catégories de produits.

Pour les marques, la reformulation implique de trouver des agents texturants ou des exfoliants d’origine naturelle (cires végétales, noyaux broyés, cellulose) capables de remplacer les polymères synthétiques sans dégrader la texture ni la stabilité des produits. Un exercice déjà bien engagé chez plusieurs acteurs, qui communiquent depuis plusieurs mois sur des formules « sans microplastiques ».

Comment repérer un produit conforme

Quelques réflexes simples permettent de s’y retrouver au rayon bien-être et beauté :

  • Vérifier la liste INCI au dos du produit et rechercher des mentions comme « polyethylene », « polypropylene » ou « nylon », signes de polymères synthétiques.
  • Privilégier les mentions « sans microplastiques » ou « formule reformulée 2026 », de plus en plus fréquentes depuis l’entrée en vigueur du texte.
  • Garder en tête que l’absence de microbilles visibles ne garantit pas l’absence de polymères solubles, parfois utilisés comme épaississants.

Cette vigilance sur les étiquettes s’inscrit dans une tendance plus large de consommation responsable, que l’on retrouve aussi dans d’autres choix du quotidien liés à l’écologie et l’environnement ou aux achats du quotidien.

Questions fréquentes

Tous les cosmétiques sont-ils concernés par l’interdiction de 2026 ?

Non. Seuls les produits rincés (shampoings, gels douche, démaquillants) contenant des microplastiques ajoutés intentionnellement au-delà de 0,01 % en masse sont visés par l’interdiction française entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Le maquillage non rincé suit un calendrier européen distinct, plus long.

Pourquoi la France va-t-elle plus vite que l’Union européenne ?

La loi AGEC permet à la France d’anticiper certaines échéances du règlement REACH européen. Pour les cosmétiques rincés, le législateur français a choisi d’avancer l’interdiction de plusieurs années par rapport à l’échéance européenne de 2027, afin de limiter plus tôt le rejet de microplastiques dans les milieux aquatiques.

Comment savoir si un cosmétique contient des microplastiques ?

Il faut consulter la liste des ingrédients (nomenclature INCI) et rechercher des polymères synthétiques comme le polyethylene ou le nylon. De plus en plus de marques affichent également des mentions explicites « sans microplastiques » sur leurs emballages depuis l’entrée en vigueur de la réglementation.

Sources

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