Un bandeau accepté sur son ordinateur, puis redemandé sur son smartphone deux minutes plus tard : cette incohérence va disparaître. La CNIL vient de préciser sa doctrine sur le consentement aux cookies, avec une exigence nouvelle qui concerne aussi bien les éditeurs de sites que les internautes qui naviguent d’un appareil à l’autre.
Ce qui change concrètement pour le consentement
Jusqu’ici, le choix fait sur un navigateur ne valait que pour cet appareil : changer de smartphone ou d’ordinateur obligeait à répondre de nouveau au bandeau cookies, même en restant connecté au même compte. La CNIL impose désormais que, pour les sites qui proposent un compte utilisateur, le consentement donné soit reconnu sur tous les appareils dès que l’internaute se connecte. Autre précision importante : la régulatrice recommande une durée de conservation des cookies publicitaires limitée à 13 mois, et exige une granularité par finalité — accepter les cookies de mesure d’audience n’implique plus automatiquement d’accepter ceux dédiés à la publicité ciblée, comme cela se pratique déjà sur des sites qui ont dû adapter leurs bandeaux, à l’image des ajustements décrits dans notre article sur le Digital Fairness Act européen.
Des sanctions qui montrent que la CNIL agit vraiment
Ce n’est pas une doctrine restée sur le papier. Depuis janvier 2026, la CNIL a prononcé 23 sanctions via sa procédure simplifiée, pour un total de 133 750 euros, avec un plafond de 20 000 euros par dossier. Fait notable : 82 % de ces dossiers (19 sur 23) sont partis d’une plainte de citoyen, preuve que les internautes signalent de plus en plus les manquements qu’ils constatent. Les reproches les plus fréquents portent sur des cookies publicitaires déposés sans consentement, en particulier sur des sites de billetterie et de télémarketing, ainsi que sur le non-respect du principe de symétrie : un site qui propose d’accepter tous les cookies en un clic doit permettre de les refuser tout aussi facilement, sans obliger à naviguer dans plusieurs menus.
Ce que cela implique, pour les sites comme pour les internautes
Pour un éditeur de site, l’enjeu est concret : revoir le bandeau cookies pour garantir la symétrie accepter/refuser, limiter la durée de vie des cookies publicitaires et, si un espace membre existe, synchroniser le consentement entre appareils. Beaucoup de régies publicitaires s’adaptent déjà en renforçant le ciblage contextuel ou les données en propre, une tendance déjà à l’œuvre dans la publicité en ligne, comme le montre notre décryptage de la publicité digitale et du retail media. Pour l’internaute, le bénéfice est direct : moins de bandeaux à répéter, et un refus des cookies publicitaires qui devient aussi simple qu’un clic d’acceptation. Même les grands acteurs de la publicité en ligne ajustent leurs pratiques sous cette pression, à l’image de l’arrivée de la publicité sur ChatGPT en France, qui devra elle aussi composer avec ce cadre.
Questions fréquentes
Le consentement aux cookies est-il vraiment valable sur tous mes appareils ?
Oui, mais seulement si le site propose un compte utilisateur et que vous êtes connecté : le choix exprimé est alors rattaché à votre compte, et non plus seulement à votre navigateur.
Que risque un site qui ne respecte pas ces règles ?
Une sanction de la CNIL via sa procédure simplifiée, avec une amende pouvant aller jusqu’à 20 000 euros par dossier, en plus d’une procédure ordinaire possible pour les manquements les plus graves.
Puis-je changer d’avis après avoir accepté les cookies publicitaires ?
Oui, le retrait du consentement doit être au moins aussi simple que son octroi : un lien ou un bouton doit permettre de revenir sur son choix à tout moment depuis le site.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale