L’Insee vient de confirmer une tendance qui inquiète les économistes depuis plusieurs trimestres : le taux de chômage en France atteint désormais 8,3 % de la population active, son plus haut niveau depuis la crise sanitaire. Une statistique qui pèse directement sur les perspectives d'embauche et sur les stratégies de formation professionnelle des entreprises comme des candidats.
Un sixième trimestre consécutif de hausse
Selon les chiffres publiés par l’Insee, le taux de chômage progresse de 0,2 point au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, et de 0,7 point sur un an. Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail augmente de 62 000 personnes sur la période, pour atteindre 2,7 millions. Il s’agit du sixième trimestre de suite marqué par une dégradation, un mouvement continu depuis la fin 2024, lorsque le taux évoluait encore autour de 7,4 %.
Les jeunes et les demandeurs de longue durée en première ligne
Deux catégories concentrent l’essentiel de la dégradation. Le taux de chômage des 15-24 ans rebondit de 0,4 point sur le trimestre, à 21,6 %, confirmant la fragilité persistante de cette tranche d’âge sur le marché du travail. Parallèlement, le chômage de longue durée continue de grimper : 671 000 personnes recherchent un emploi depuis au moins un an, soit 116 000 de plus qu’il y a douze mois. Cette situation pèse aussi sur l’économie des ménages concernés, confrontés à un allongement de la période sans revenu stable.
Les entreprises revoient leurs intentions de recrutement à la baisse
Du côté des employeurs, l’enquête annuelle Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail, menée fin 2025 auprès de 2,2 millions d’établissements, dénombre 2 274 951 projets de recrutement pour 2026 : une baisse de 6,5 % par rapport à 2025, observée dans toutes les régions. Un signal qui invite les entreprises et services professionnels à ajuster leurs plans d'embauche. Point plus encourageant : les difficultés de recrutement reculent, puisque 43,8 % des projets sont jugés difficiles à pourvoir contre 50,1 % un an plus tôt, et 41 % des postes proposés le sont désormais en contrat à durée indéterminée.
Ce qu’il faut retenir
- Taux de chômage France : 8,3 % au 2e trimestre 2026, plus haut niveau depuis 2020
- Chômeurs 15-24 ans : 21,6 %, en hausse de 2,5 points sur un an
- Chômage de longue durée : 671 000 personnes, +116 000 sur un an
- Projets de recrutement 2026 (France Travail) : 2,27 millions, en baisse de 6,5 %
- Part des recrutements jugés difficiles : 43,8 %, contre 50,1 % en 2025
Questions fréquentes
Pourquoi le taux de chômage augmente-t-il en France ?
L’Insee constate une dégradation continue depuis six trimestres, portée notamment par la hausse du chômage des jeunes et l’allongement du chômage de longue durée, dans un contexte de ralentissement des intentions d'embauche des entreprises.
Les jeunes sont-ils plus touchés que le reste de la population ?
Oui : le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, en hausse de 2,5 points sur un an, un rythme de dégradation plus rapide que celui de l’ensemble de la population active.
Les entreprises recrutent-elles moins en 2026 ?
Elles annoncent 2,27 millions de projets de recrutement pour 2026, soit 6,5 % de moins qu’en 2025, même si la part des postes jugés difficiles à pourvoir diminue par rapport à l’an dernier.
Sources
Insee —
France Travail —
Franceinfo
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