Après des mois d’attente, la réforme du métier d’infirmier entre concrètement en application en France. Entre un décret publié fin décembre 2025 et deux arrêtés parus au printemps 2026, le cadre d’exercice des infirmiers diplômés d’État change en profondeur — avec, à la clé, un accès aux soins potentiellement plus rapide pour les patients, notamment dans les zones où les médecins généralistes se font rares.
Un cadre légal posé en plusieurs étapes
Tout part de la loi du 27 juin 2025, qui fait basculer la profession infirmière dans un nouveau paradigme : reconnaissance du diagnostic infirmier, de la consultation infirmière et d’une capacité de prescription élargie. Le décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel deux jours plus tard, en précise les contours réglementaires : il inscrit dans le code de la santé publique la consultation et le diagnostic infirmiers, et autorise l’infirmier à prescrire certains produits et examens complémentaires. Ce texte relève directement du droit et de la réglementation sanitaire, un terrain sur lequel les professionnels de santé doivent désormais se tenir à jour.
Restait à définir, dans le détail, quels actes et quelles prescriptions étaient concernés. C’est le rôle des deux arrêtés du 26 juin 2026, publiés au Journal officiel le lendemain : ils encadrent la consultation infirmière, les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD), l’électrocardiogramme, la prescription de médicaments et d’examens complémentaires, ainsi que certains actes en santé sexuelle, santé mentale et pour la prise en charge de plaies simples — tout cela sans passer systématiquement par une ordonnance médicale préalable.
Ce que ça change pour les patients
- Un infirmier peut réaliser une consultation infirmière et poser un diagnostic infirmier, sans que chaque étape ne repasse par le médecin.
- Certains actes — TROD, ECG, prise en charge de plaies simples — deviennent accessibles en accès direct.
- Pour les infirmiers en pratique avancée (IPA), un décret antérieur du 20 janvier 2025 ouvre déjà l’accès direct à certaines consultations, sans passer par le médecin traitant.
- Point de vigilance : pour certains actes, comme la prise en charge de plaies non chirurgicales sans ordonnance, le remboursement par l’Assurance maladie ne sera aligné qu’à partir du 1er janvier 2027, le temps que les conventions soient mises à jour.
Les IPA restent, pour l’instant, un maillon encore modeste du système : ils seraient environ 4 000 en exercice en France en 2026, un chiffre en progression mais loin de couvrir tout le territoire. Le gouvernement a toutefois annoncé pour 2026 des travaux réglementaires supplémentaires — réingénierie des métiers d’infirmier puériculteur et d’infirmier de bloc opératoire, feuille de route dédiée aux IPA — construits avec la profession.
La formation initiale aussi revue
La réforme ne s’arrête pas à l’exercice professionnel : elle touche aussi la formation. À la rentrée de septembre 2026, le référentiel de formation en institut de formation en soins infirmiers (IFSI), qui datait de 2009, entre en phase de transition. Le nouveau parcours comptera 66 semaines de stage contre 60 auparavant, avec des périodes obligatoires en psychiatrie et en pédiatrie. Le ministère de la Santé évoque par ailleurs l’ouverture de 5 500 places supplémentaires en IFSI pour cette rentrée.
Cette montée en compétences intervient alors que les besoins de recrutement restent très soutenus : France Travail recensait, pour 2026, plus de 36 700 projets de recrutement d’infirmiers et de sages-femmes, et plus de 62 000 pour les aides-soignants — une actualité qui rejoint les grandes tendances suivies dans notre rubrique actualité.
Pourquoi cette réforme compte
Derrière les textes réglementaires, l’enjeu est concret : dans les zones où les médecins généralistes manquent, un accès direct à certains actes infirmiers peut réduire les délais de prise en charge pour des besoins courants — un test rapide, un électrocardiogramme, le suivi d’une plaie simple. Reste à voir comment ces nouvelles compétences s’articuleront, sur le terrain, avec les médecins et le reste de l’équipe de soins, et à quel rythme les patients — et l’Assurance maladie — s’approprieront ce nouveau cadre.
Questions fréquentes
La réforme infirmière 2026 est-elle déjà entièrement applicable ?
Non : le décret du 24 décembre 2025 pose le cadre général, mais sa mise en œuvre dépend des arrêtés d’application, publiés en juin 2026. Certains volets, comme le remboursement de certains actes sans ordonnance, ne seront effectifs qu’à partir de 2027.
Un infirmier peut-il désormais prescrire sans médecin ?
Dans le cadre défini par les arrêtés du 26 juin 2026, oui, pour une liste précise de médicaments, d’examens complémentaires et d’actes (TROD, ECG, certaines plaies). Il ne s’agit pas d’une prescription totalement libre, mais d’un périmètre encadré par les textes.
Qu’est-ce qu’un infirmier en pratique avancée (IPA) ?
C’est un infirmier diplômé d’État titulaire d’un master 2 spécialisé, dont les compétences cliniques se situent entre celles de l’infirmier et celles du médecin. Environ 4 000 IPA exercent en France en 2026, avec un accès direct possible pour certaines consultations depuis un décret du 20 janvier 2025.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale