Un décret publié le 24 octobre 2026 au Journal officiel ouvre, à partir du 1er décembre, une expérimentation permettant à des infirmiers en pratique avancée de prendre en charge certains patients sans passage préalable par un médecin. Six territoires sont concernés : le Loiret, l’Hérault, le Val-d’Oise, l’Yonne, la Martinique et Mayotte.
Cette mesure s’inscrit dans un mouvement plus large d’accès direct aux professions paramédicales, porté par la loi dite « loi Rist », qui facilite déjà la consultation de kinésithérapeutes et d’orthophonistes sans ordonnance dans certaines conditions.
Ce que change concrètement cette expérimentation
Dans les six départements et territoires retenus, les infirmiers en pratique avancée (IPA) volontaires, exerçant au sein d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) et autorisés par leur agence régionale de santé, pourront prendre en charge directement des patients, sans orientation préalable d’un médecin. L’expérimentation est prévue pour une durée de cinq ans et les IPA concernés pourront prochainement s’inscrire sur une plateforme numérique dédiée, déjà utilisée pour l’accès direct aux kinésithérapeutes.
- Décret publié le 24 octobre 2026, expérimentation à compter du 1er décembre
- Six territoires pilotes : Loiret, Hérault, Val-d’Oise, Yonne, Martinique, Mayotte
- Participation réservée aux IPA volontaires exerçant en CPTS
- Durée de l’expérimentation : cinq ans
Kinés et orthophonistes, deux accès directs différents
La loi Rist, votée en 2023 et dont les décrets d’application continuent de se préciser, distingue plusieurs niveaux d’accès direct. Les kinésithérapeutes peuvent recevoir un patient sans ordonnance dans la limite de 8 séances, à condition d’exercer en structure coordonnée (maison de santé, CPTS, établissement médico-social) — les professionnels en exercice strictement indépendant restent exclus de cette facilité. Les orthophonistes bénéficient d’un accès direct plus large : un patient peut les consulter librement, toujours sous réserve d’un exercice en structure coordonnée.
Pour un patient, la différence se joue surtout sur le terrain : dans une maison de santé qui regroupe plusieurs professionnels, le circuit de prise en charge s’est déjà raccourci ces dernières années, une évolution que la réforme infirmière engagée en 2026 avait déjà amorcée. L’expérimentation IPA de décembre en est une nouvelle étape, plus encadrée géographiquement mais plus ambitieuse sur le fond.
Pourquoi cette évolution, et pour qui ?
L’objectif affiché est de réduire les délais d’accès aux soins dans des zones où les médecins généralistes sont peu nombreux, en s’appuyant sur des professionnels déjà formés à une évaluation clinique poussée. Les IPA, par exemple, suivent une formation universitaire de deux ans après leur diplôme initial, centrée sur le suivi de pathologies chroniques et la coordination des parcours de soins.
Cette extension des compétences paramédicales s’accompagne aussi d’enjeux pratiques pour les patients, notamment sur la prise en charge financière des actes et des éventuels dépassements, un sujet déjà abordé à propos des franchises médicales et de leur plafond annuel. Les patients suivis en kinésithérapie dans ce cadre élargi peuvent aussi consulter notre point sur le bilan de prévention chez le kinésithérapeute, qui détaille un dispositif complémentaire.
Plus largement, ces évolutions touchent directement le quotidien des lecteurs suivis en rubrique Médical – Paramédical, mais aussi ceux qui s’intéressent à l’organisation de leur couverture santé et mutuelle au quotidien.
Questions fréquentes
Qui peut consulter un infirmier en pratique avancée sans passer par un médecin ?
Seuls les patients résidant dans l’un des six territoires pilotes (Loiret, Hérault, Val-d’Oise, Yonne, Martinique, Mayotte) et suivis par un IPA volontaire exerçant en CPTS peuvent, à partir du 1er décembre 2026, bénéficier de cette prise en charge directe.
Un kinésithérapeute peut-il recevoir un patient sans ordonnance partout en France ?
Non : cet accès direct, limité à 8 séances, ne s’applique qu’aux kinésithérapeutes exerçant dans une structure de soins coordonnée (maison de santé, CPTS, établissement médico-social), pas à ceux installés en exercice strictement indépendant.
Cette expérimentation remplace-t-elle le médecin généraliste ?
Non, elle vise à compléter l’offre de soins dans des zones où l’accès à un médecin est plus difficile, en s’appuyant sur des professionnels formés à une évaluation clinique encadrée, sans se substituer au suivi médical global.
Sources
Santé Mentale — Previssima — Démarches Administratives
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale