Selon un sondage Norstat réalisé les 11 et 12 août 2026 pour le laboratoire Cheplapharm, un tiers des Français déclare avoir été confronté, pour lui-même ou pour un proche, à une pénurie de médicaments au cours de l’année écoulée. Chez les femmes, souvent en première ligne pour la gestion de la santé familiale, la proportion grimpe même à 37 %. Ce chiffre confirme ce que patients et professionnels de santé constatent au quotidien depuis plusieurs années : la rupture d’approvisionnement n’est plus un accident isolé, mais une composante durable du système de santé français.
Des tensions qui touchent des traitements essentiels
D’après le suivi assuré par l’Ordre national des pharmaciens (CNOP), les difficultés d’approvisionnement concernent des familles de médicaments très variées : antibiotiques, traitements pédiatriques, anticancéreux, médicaments cardiovasculaires et psychotropes. Lors de sa réunion de suivi consacrée aux psychotropes, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a par exemple pointé des difficultés persistantes pour certaines formes à libération prolongée, obligeant patients et prescripteurs à ajuster les traitements dans l’urgence.
Cette situation ne se limite pas à la France : plusieurs reportages, dont celui diffusé par France 24, décrivent une chaîne de production mondialisée et concentrée sur un nombre restreint de sites, souvent situés en Asie, qui rend l’ensemble du système vulnérable au moindre incident industriel, à une hausse soudaine de la demande ou à une décision commerciale d’un fabricant.
Le rôle pivot du pharmacien d’officine
Face à une boîte manquante, c’est en général le pharmacien qui absorbe en première ligne la difficulté : recherche d’un lot disponible chez un confrère, proposition d’une alternative thérapeutique en lien avec le médecin, ou délivrance à l’unité pour faire durer un stock limité le temps qu’il se reconstitue. Ce rôle de « gestionnaire de crise » s’ajoute à des compétences élargies déjà confiées à la profession ces dernières années, dans un mouvement plus large de répartition des tâches entre professionnels de santé, également à l’œuvre du côté des infirmiers avec l’accès direct sans ordonnance.
Pour les patients, la conséquence la plus visible reste la multiplication des allers-retours en pharmacie et, parfois, le report d’un traitement. Un contexte qui s’ajoute à une actualité déjà chargée sur le reste à charge des soins, alors que le plafond des franchises médicales et participations forfaitaires est revu à la hausse.
Comment limiter l’impact d’une rupture de stock
- Ne jamais attendre la dernière boîte pour renouveler une ordonnance, notamment avant les périodes de forte demande (rentrée, épidémies hivernales).
- Signaler toute difficulté au pharmacien dès le premier refus de délivrance : il a accès à des outils de suivi des stocks au niveau national.
- Ne jamais interrompre un traitement chronique sans avis médical, même en cas de rupture : une alternative existe presque toujours.
- Vérifier sa couverture par une complémentaire santé adaptée, certains frais liés aux alternatives (formes différentes, dosages fractionnés) pouvant varier.
Les pouvoirs publics ont renforcé ces dernières années l’obligation, pour les laboratoires, de constituer des stocks de sécurité sur les médicaments dits « d’intérêt thérapeutique majeur ». Mais tant que la production reste concentrée sur un nombre limité de sites industriels, les tensions ponctuelles resteront difficiles à éviter totalement.
Questions fréquentes
Pourquoi les pénuries de médicaments se multiplient-elles ?
Elles résultent surtout de la concentration mondiale de la production de principes actifs sur un petit nombre de sites industriels, ce qui rend l’approvisionnement vulnérable au moindre incident, combinée à une demande mondiale en hausse.
Que faire si mon pharmacien n’a pas mon médicament ?
Le pharmacien peut proposer une alternative thérapeutique équivalente en lien avec le prescripteur, rechercher le produit chez un confrère ou délivrer à l’unité. Il ne faut jamais arrêter un traitement de sa propre initiative.
Quels médicaments sont les plus concernés ?
Selon les données disponibles, les antibiotiques, certains traitements pédiatriques, anticancéreux, cardiovasculaires et psychotropes figurent parmi les catégories les plus régulièrement touchées par des tensions d’approvisionnement.
Sources
- Ordre national des pharmaciens (CNOP) — point de situation sur l’approvisionnement en psychotropes
- France 24 — Pénurie de médicaments : la pharmacie mondiale en panne ?
- Le Pharmacien, mon partenaire santé — les pénuries continuent d’affecter les Français
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale